Logo « Les Arts du Récit en Isère » ; création, Hervé Frumy
L’original de l’affiche est réalisé sur du papier rigide Vinci 450g/m2 avec de la peinture acrylique traité à l’aquarelle, rehaussé de crayons gras. Une vraie plume est collé sur la peinture.
Henri Touati, directeur des Arts du Récit, Edito du Festival 2010
Les histoires servent à passer le temps, le compter, le conter. Un vingt-troisième festival. Une année de plus, comme une litanie de mots, un rituel qui s’installe à nouveau. Nous tentons chaque fois de renouveler nos propositions et de vous faire vivre des émotions toujours différentes. Il en est des conteurs comme des bons mets, des bons vins, il faut du temps pour les préparer, les présenter, les déguster, les partager. Douze jours avec des artistes venant de toute l’Europe, du Québec et de Cuba, des artistes qui ont peaufiné leurs histoires et sont heureux à l’idée de ce rendez-vous précieux.
Au moment où nous préparons cette fête, ce festival, les nuages s’amoncèlent. Ici et là, des cris d’alertes sont lancés, à propos d’une culture qui se désagrège, de représentations qui se délitent, d’une précarité sociale et humaine qui s’installe et du regard indifférent qui se porte sur la culture.
Continuer, résister, malgré tout. L’enjeu est vital, transmettre, partager, créer, rencontre, comprendre le monde, rendre plus sensible chacun, nourrir un patrimoine vivant, reconnaitre l’autre, prendre le temps et résister. Chaque moment de vie culturelle partagée fait reculer l’obscurantisme. Les moyens pour maintenir et développer ces projets sont de plus en plus complexes à trouver.
Les désengagements de l’Etat, la fébrilité des collectivités locales face à un avenir incertain, sont des freins à toutes ces paroles, dont le besoin se fait pourtant ressentir dans tous les espaces de nos vies.
Tout au long de l’année, le Centre des Arts du Récit fait vivre des projets en direction des quartiers, des hôpitaux , des écoles, des collèges, des lycées, des prisons, pour que des hommes, et des femmes, issus du milieu rural ou urbain, des personnes en fin de vie, des enfants petits ou grands ; des chômeurs, des travailleurs, des SDF, chacun, tous, trouvent un espace où leurs paroles soient entendues.
Le festival inscrit toutes ces rencontres dans un champ plus large où la littérature, la pensée et la création sont des chainons d’une humanité vivante.
Le colloque « Que nous disent les contes ? », le rendez vous de « l’Atelier Géant de la parole » mettront en évidence ces paroles, leur donneront du sens. La programmation artistique marquera la dimension contemporaine et créative de toutes ces histoires. Venez écouter et partager…










