Bruno Théry
Depuis mon lent apprentissage de Photoshop, j’utilise ce logiciel comme on dirait à la marge. Pour jouer avec des fonds de couleurs différents, comme on le ferait dans la prise de vue ou bien pour ajouter, par ci par là, un élément comme les pavillons de trompette dans l’affiche A Vaulx Jazz 2012. La sculpture ou l’objet servant de base à l’affiche étant totalement élaborée avec des matériaux comme la terre, le carton ou un objet réel. Pour l’édition 2014, comme à mon habitude j’ai présenté huit propositions d’affiches, quatre de manière traditionnelle avec une vraie sculpture et quatre dans un montage totalement numérique mais encore me servant uniquement de photographies détourées, que j’assemble sur mon ordinateur.
Pour le projet choisi, qui servira pour l’affiche A Vaulx Jazz 2014, j’ai fabriqué des bois marouflés de papier et peintures ethniques que j’ai photographiés dans le désordre et dans tous les sens. J’ai choisi ceux que je sentais le mieux pour jouer la verticalité. Le petit clavier change de tous ces instruments en cuivre, apportant une note graphique noire et blanche et exprime l’architecture musicale du festival. Une photo de manteau trouvé chez Emmaüs et la plume apportent de la vie à l’ensemble par des éléments chaleureux.
Dr Phil
Ce sont, en fait, des œuvres secondes par rapport aux œuvres premières que sont les affiches. Le paradoxe, c’est qu’elles semblent aujourd’hui sortir de l’affiche pour s’exhiber dans leur concrète et tridimensionnelle réalité, alors qu’à l’origine, elles y sont entrées, comme matériau, en passant du statut d’objet à celui de représentation d’objet. La présence dramatique réelle de ces petites ou grandes figurines, à la fois humbles et glorieuses, qui affrontent notre regard dans la nudité de leur monstrueuse beauté, dans leur sauvagerie d’autochtones oniriques en fait, pour nous, des apparitions.








