Texte Jean Paul Boutellier créateur et directeur de Jazz à Vienne
Le scandale. L’affiche n’avait suscité aucun commentaire, ni de la mairie, ni de personne, au moment où elle a été présentée officiellement. Cette histoire a démarré bien plus tard. L’affiche n’avait pas de côté sacré en elle même, il y avait une autre maquette dans des couleur opposées, avec une mère blanche. Elle a pris cette qualité à partir du commentaire qui en a été fait, où il a été dit que c’était une vierge noire et qu’elle a été associée à la Vierge Noire de Pipet . Ce qui a entrainé le commentaire offusqué du curé de Pipet, à cause des cornes ! Un journaliste s’est emparé de l’histoire et c’est parti… On dirait les oreilles de Sarkozi , non ?
Texte Bruno Théry
En fait j’avais réalisé un avant projet juste en dessin pour le passage à l’an 2000, pour un nouveau millénaire, un monde nouveau à inventer. Je voulais faire une maternité, j’aime bien dessiner les bébés, c’est de la vie toute brute. En m’inspirant d’une photo de mon enfance, j’ai dessiné le bébé avec des oreilles pointues, un peu comme les miennes, en exagérant un petit peu. Il faisait un peu trop penser à Spoke, le capitaine du vaisseau interstellaire Enterprise… Alors je lui ai mis des petites cornes parce qu’en dessinant ce soir là, j’écoutais une émission de Jazz sur France musique qui s’intitulait : « le jazz et le diable », où les auteurs racontaient comment le jazz a longtemps été assimilé à la musique du diable. Je n’ai jamais pensé peindre une vierge, pour moi c’était plutôt une mère épanouie, nourrissant son bébé au lait du jazz. Il est vrai que notre civilisation chrétienne nous rappelle aux piétas et aux vierges à l’enfant qui remplissent nos musées. Par la suite, pour l’édition 2003, j’ai donc repris l’idée en couleur et ai réalisé deux projets, un avec une mère blanche et un bébé noir et un second avec une mère noire et un bébé blanc. La direction du festival a choisi le second.
En bonus l’article de : Libération du dimanche 24 novembre 2002












