Bruno Théry
On peut s’amuser avec les mythes.
Hantés par les divinités de l’Egypte ancienne, habités par les dieux grecs et romains, notre enfance et notre culture en sont imprégnées jusqu’à nos références, codes et habitudes. Je n’y ai jamais réellement prêté attention, jusqu’à l’affiche de « Jazz à Vienne » 2003, celle de la maternité au diablotin, dans laquelle le sens des signes est quelque peu chamboulé.
Bouleverser les signes crée une confusion, et leur observation impose un retour sur l’image pour voir si l’on ne s’est pas trompé. Objet impossible, situation contradictoire, renversement ou brouillage de notre pensée aiguisent la curiosité. L’image renforce ses qualités d’affiche et donc de communication.
On peut s’amuser avec les mythes, à condition de ne pas les montrer au premier degré, auquel cas la lecture est réductrice. On comprend alors le mythe connu et l’image ne suscite pas le rêve.
Nous sommes riches de la fusion des mythes celtes, nordiques et méditerranéens, et notre imaginaire les confond.
Viennus et Hypotricyclos
Ces deux personnages, que je m’amuse à nommer Viennus et Hypotricyclos, n’étaient pas promis à se rejoindre. Le petit bonhomme est né d’une rêverie autour des Cyclades. Le second, Hyppotricyclos, m’a été inspiré d’une furtive photographie, que j’ai réalisée spontanément sur les quais du Rhône à Lyon.
Lautréamont définissait ainsi le surréalisme : « Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie » … Mes deux personnages se sont superposés inopinément sur ma photocopieuse. Lorsque le moment du travail sur « Jazz à Vienne » revient, les tables fleurissent dans mon atelier, et une grande quantité de dessins et de personnages les garnissent. Si bien que l’on ne sait plus très bien qui va avec qui…











